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Guide complet de la fiscalité des cryptomonnaies en France (mis à jour 2026)

📋 En bref (TL;DR)

  • Flat tax à 31,4 % : depuis 2026, la hausse de la CSG porte le PFU de 30 % à 31,4 % sur les plus-values crypto (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux).
  • Crypto → fiat = imposable : seules les cessions contre des euros (ou l’achat de biens/services en crypto) déclenchent l’imposition. Les échanges crypto-crypto restent non imposables.
  • DAC8 en vigueur : depuis le 1er janvier 2026, les plateformes transmettent automatiquement vos données de transactions au fisc dans 48 pays.
  • Seuil de 305 € : si le total de vos cessions imposables ne dépasse pas 305 € par an, vous êtes exonéré d’impôt.
  • Formulaires obligatoires : Cerfa 2086 (plus-values), 2042-C (déclaration complémentaire) et 3916-bis (comptes crypto à l’étranger).
  • Barème progressif : option possible à la place de la flat tax, potentiellement avantageuse si votre tranche marginale est inférieure à 12,8 %.
  • Anticipez : avec DAC8, le fisc dispose de vos données — tenez un registre précis de toutes vos opérations et utilisez des outils de suivi fiscal.

La fiscalité des cryptomonnaies en France a considérablement évolué depuis l’instauration du cadre légal par la loi Pacte de 2019. En 2026, deux changements majeurs rebattent les cartes : la hausse de la flat tax à 31,4 % et l’entrée en vigueur de la directive européenne DAC8, qui instaure une transparence fiscale sans précédent sur les transactions crypto.

Que vous soyez investisseur débutant ou expérimenté, comprendre les règles fiscales applicables à vos actifs numériques est désormais indispensable. Ce guide détaille tout ce que vous devez savoir pour déclarer correctement, optimiser votre imposition et éviter les sanctions.

La flat tax crypto en 2026 : 31,4 % au lieu de 30 %

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé flat tax, est le régime fiscal par défaut pour les plus-values sur crypto-actifs des particuliers en France. Depuis l’adoption du PLFSS 2026, ce taux est passé de 30 % à 31,4 %.

Décomposition du nouveau taux

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu (inchangé)
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (contre 17,2 % auparavant), dont la CSG passée de 9,2 % à 10,6 %

Cette hausse de 1,4 point concerne tous les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values), et pas uniquement les cryptos. Elle résulte d’un arbitrage budgétaire visant à renforcer le financement de la Sécurité sociale.

Impact concret : exemple chiffré

Imaginons que vous ayez réalisé une plus-value nette de 10 000 € en vendant du Bitcoin contre des euros :

  • Avant 2026 : 10 000 × 30 % = 3 000 € d’impôt
  • En 2026 : 10 000 × 31,4 % = 3 140 € d’impôt

La différence de 140 € peut sembler modeste, mais elle s’accumule sur les gains importants. Pour une plus-value de 100 000 €, l’écart atteint 1 400 €. Pour les profils soumis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, le taux global peut monter jusqu’à 35,4 %.

Comment calculer sa plus-value imposable ?

Le calcul de la plus-value imposable sur les crypto-actifs suit une formule spécifique définie à l’article 150 VH bis du Code général des impôts. Contrairement aux actions classiques, on ne compare pas simplement un prix d’achat et un prix de vente.

La formule officielle

Plus-value = Prix de cession − (Prix total d’acquisition × Prix de cession ÷ Valeur globale du portefeuille)

Exemple détaillé

Vous avez investi 5 000 € au total dans les cryptos. Votre portefeuille vaut désormais 20 000 €. Vous vendez pour 8 000 € d’Ethereum contre des euros.

  • Part d’acquisition taxable : 5 000 × (8 000 ÷ 20 000) = 2 000 €
  • Plus-value imposable : 8 000 − 2 000 = 6 000 €
  • Impôt dû (flat tax 31,4 %) : 6 000 × 31,4 % = 1 884 €

Important : la « valeur globale du portefeuille » inclut tous vos crypto-actifs au moment de la cession, pas seulement ceux que vous vendez.

Quand est-on imposable ? Les règles claires

La distinction fondamentale en fiscalité crypto française repose sur la nature de l’opération réalisée :

Opérations imposables

  • Vente crypto → euro (ou devise fiat) : c’est le fait générateur principal. Toute conversion de crypto en monnaie classique déclenche l’imposition.
  • Achat de biens ou services en crypto : payer un bien, une prestation ou un service avec vos cryptos est assimilé à une cession imposable.

Opérations non imposables

  • Échange crypto → crypto : convertir du Bitcoin en Ethereum (sans passer par l’euro) n’est pas un fait générateur d’imposition.
  • Cessions inférieures à 305 € par an : si le montant total de vos cessions imposables ne dépasse pas 305 € sur l’année, vous êtes exonéré.
Infographie : quand suis-je imposable sur mes cryptos ? Arbre de décision de la fiscalité crypto en France 2026

DAC8 : la transparence fiscale crypto en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 (Directive on Administrative Cooperation n°8) est entrée en vigueur. Transposée en droit français par l’article 54 de la loi de finances 2025, elle impose aux PSCA (Prestataires de Services sur Crypto-Actifs) de transmettre automatiquement les données de transactions à l’administration fiscale.

Ce que DAC8 change concrètement

  • Transmission automatique : les plateformes déclarent votre identité, vos transactions (achats, ventes, échanges) et la valeur de votre portefeuille au 31 décembre.
  • 48 pays participants : l’échange d’informations se fait entre États membres de l’UE et au-delà, via le standard CARF de l’OCDE.
  • Premier reporting en 2027 : les données de l’année 2026 seront transmises aux administrations fiscales d’ici septembre 2027.

Ce que cela signifie pour vous : l’administration fiscale française disposera d’informations détaillées sur vos opérations crypto. Les écarts entre votre déclaration et les données transmises par les plateformes seront détectés automatiquement.

La déclaration pratique : formulaires et calendrier

Chaque année, entre avril et juin, les contribuables français doivent déclarer leurs opérations crypto via trois formulaires principaux :

Les formulaires obligatoires

  • Cerfa 2086 : le formulaire dédié aux plus-values de cession d’actifs numériques. Vous y détaillez chaque cession imposable (date, montant, plus-value).
  • Cerfa 2042-C : la déclaration complémentaire de revenus, où vous reportez le résultat net de vos plus-values (case 3AN pour les gains, 3BN pour les pertes).
  • Cerfa 3916-bis : la déclaration obligatoire de vos comptes d’actifs numériques détenus sur des plateformes étrangères (Binance, Kraken, Coinbase, etc.).

Les outils pour simplifier la déclaration

Calculer manuellement ses plus-values crypto est fastidieux, surtout avec de nombreuses transactions. Plusieurs outils spécialisés peuvent vous aider :

  • Waltio : connecte vos plateformes, calcule automatiquement vos plus-values et génère les formulaires fiscaux.
  • Coqonut : solution française de suivi fiscal crypto avec export Cerfa.
  • CoinLedger / Blockpit : alternatives internationales compatibles avec la fiscalité française.

Comptes crypto à l’étranger : attention aux sanctions

Tout compte d’actifs numériques détenu sur une plateforme étrangère doit être déclaré via le formulaire 3916-bis, même s’il est inactif ou contient peu de fonds. Cette obligation concerne les comptes ouverts, utilisés ou clos au cours de l’année.

Sanctions en cas de non-déclaration

  • 750 € d’amende par compte non déclaré (1 500 € si le compte est dans un État non coopératif)
  • Amende doublée si la valeur des comptes dépasse 50 000 €
  • Avec DAC8, le fisc saura quels comptes vous possédez — l’omission est devenue beaucoup plus risquée

Plateformes françaises (Coinhouse, StackinSat…) : pas besoin de les déclarer via le 3916-bis, elles sont déjà connues de l’administration.

L’option pour le barème progressif

La flat tax de 31,4 % n’est pas une fatalité. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si cela est plus avantageux pour vous.

Quand le barème progressif est-il intéressant ?

L’option est avantageuse si votre taux marginal d’imposition (TMI) est inférieur à 12,8 %, c’est-à-dire si vous êtes dans les tranches à 0 % ou 11 %. Concrètement :

  • TMI à 0 % : vous ne payez que les prélèvements sociaux (18,6 %), soit un taux global de 18,6 %
  • TMI à 11 % : votre taux global serait de 11 % + 18,6 % = 29,6 %, inférieur à la flat tax
  • TMI à 30 % ou plus : la flat tax à 31,4 % reste plus avantageuse

Attention : l’option pour le barème s’applique à tous vos revenus du capital (dividendes, intérêts inclus), pas uniquement aux cryptos.

Cas spéciaux : staking, airdrops, mining et NFT

Certaines activités crypto soulèvent des questions fiscales spécifiques :

Staking et lending

Les récompenses de staking ou de prêt (lending) sont considérées comme des revenus imposables au moment de leur réception. Leur valeur en euros à la date de perception constitue la base imposable, soumise au PFU ou au barème progressif.

Airdrops

Les tokens reçus gratuitement via des airdrops sont imposables lors de leur cession ultérieure contre des euros. Le prix d’acquisition est considéré comme nul (ou à la valeur déclarée si vous les avez intégrés à votre portefeuille).

Mining

L’activité de minage est soumise au régime des bénéfices non commerciaux (BNC). Les cryptos minées sont imposables à leur valeur lors de la réception, puis les plus-values ultérieures suivent le régime classique.

NFT

La vente de NFT suit globalement les mêmes règles que les autres crypto-actifs. Une cession NFT → euro est imposable. Un échange NFT → crypto peut être traité comme un échange crypto-crypto (non imposable).

Particulier ou professionnel : quel régime s’applique ?

La distinction entre investisseur occasionnel et professionnel est cruciale, car les régimes fiscaux diffèrent considérablement :

  • Investisseur occasionnel (particulier) : soumis au PFU de 31,4 % (ou barème progressif sur option) sur ses plus-values.
  • Investisseur professionnel : imposé au barème progressif de l’IR dans la catégorie des BNC (Bénéfices Non Commerciaux), avec cotisations sociales en sus.

Critères de qualification professionnelle

L’administration fiscale considère l’activité comme professionnelle lorsque l’investisseur :

  • Réalise des opérations fréquentes et sophistiquées
  • Utilise des outils professionnels (bots de trading, leviers, algorithmes)
  • Tire de cette activité une part significative de ses revenus
  • Y consacre un temps comparable à une activité professionnelle

En cas de doute, il est recommandé de consulter un avocat fiscaliste spécialisé pour déterminer votre statut.

Conseils pratiques pour 2026

1. Tenez un registre complet de vos opérations

Avec l’entrée en vigueur de DAC8, votre déclaration doit être cohérente avec les données transmises par les plateformes. Conservez systématiquement :

  • Les historiques de transactions de toutes vos plateformes
  • Les preuves de transferts entre wallets
  • Les justificatifs de prix d’acquisition (relevés, confirmations d’achat)

2. Utilisez un outil de suivi fiscal

Un logiciel comme Waltio ou Coqonut agrège automatiquement vos transactions et calcule vos plus-values selon la formule légale. Indispensable dès que vous avez plus d’une dizaine d’opérations par an.

3. Anticipez vos cessions

En planifiant le calendrier de vos ventes, vous pouvez optimiser votre fiscalité : rester sous le seuil de 305 €, lisser vos gains sur plusieurs années ou choisir le moment le plus favorable pour opter entre flat tax et barème progressif.

4. Régularisez votre situation si nécessaire

Si vous avez omis de déclarer des comptes étrangers ou des plus-values les années précédentes, il est préférable de régulariser spontanément. Avec DAC8, les contrôles de cohérence seront automatiques dès 2027.

📚 Glossaire

  • Flat tax : Prélèvement forfaitaire unique (PFU) appliqué aux revenus du capital en France. En 2026, le taux est de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux).
  • Plus-value : Gain réalisé lors de la cession d’un actif numérique, calculé selon la formule de l’article 150 VH bis du CGI, en tenant compte de la valeur globale du portefeuille.
  • PFU : Prélèvement Forfaitaire Unique, synonyme de flat tax. Régime d’imposition par défaut des plus-values sur crypto-actifs pour les particuliers en France.
  • DAC8 : Directive on Administrative Cooperation n°8, directive européenne imposant aux plateformes crypto de transmettre automatiquement les données de transactions aux administrations fiscales. En vigueur depuis le 1er janvier 2026.
  • Cerfa 2086 : Formulaire fiscal français dédié à la déclaration des plus-values de cession d’actifs numériques. À remplir pour chaque cession imposable réalisée dans l’année.
  • PSCA : Prestataire de Services sur Crypto-Actifs, nouveau statut réglementaire sous le règlement européen MiCA. Remplace le statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) en France à partir de mi-2026.
  • Actif numérique : Terme juridique français désignant les cryptomonnaies et tokens au sens de l’article L. 54-10-1 du Code monétaire et financier. Inclut Bitcoin, Ethereum et tous les crypto-actifs.
  • Barème progressif : Système d’imposition par tranches de l’impôt sur le revenu (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %). Peut être choisi à la place de la flat tax si le taux marginal est inférieur à 12,8 %.

Questions fréquentes

Quel est le taux d'imposition des cryptomonnaies en France en 2026 ?

Le taux par défaut est la flat tax (PFU) de 31,4 %, composée de 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il est possible d’opter pour le barème progressif si votre tranche marginale est inférieure à 12,8 %.

Les échanges crypto-crypto sont-ils imposables ?

Non. En France, l’échange d’une cryptomonnaie contre une autre (par exemple BTC → ETH) sans passer par une devise fiat n’est pas un fait générateur d’imposition. Seule la conversion en euros ou l’achat de biens/services déclenche l’impôt.

Qu'est-ce que DAC8 et comment cela m'affecte ?

DAC8 est une directive européenne de transparence fiscale entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle oblige les plateformes crypto à transmettre automatiquement vos données de transactions au fisc. Concrètement, l’administration connaîtra vos opérations et pourra les comparer à votre déclaration.

Dois-je déclarer mes comptes crypto sur Binance ou Kraken ?

Oui, obligatoirement. Tout compte d’actifs numériques détenu sur une plateforme étrangère doit être déclaré via le formulaire 3916-bis. La non-déclaration est passible d’une amende de 750 € par compte (doublée si la valeur dépasse 50 000 €).

Le staking est-il imposable en France ?

Oui. Les récompenses de staking sont considérées comme des revenus imposables au moment de leur réception, à leur valeur en euros. Elles sont soumises au PFU de 31,4 % ou au barème progressif sur option.

Comment réduire ses impôts sur les cryptos ?

Plusieurs stratégies légales existent : rester sous le seuil de 305 € de cessions annuelles, opter pour le barème progressif si votre TMI est faible, planifier le calendrier de vos ventes pour lisser les gains, et utiliser un outil fiscal pour calculer précisément vos plus-values.

📰 Sources

Cet article s'appuie sur les sources suivantes :

Comment citer cet article : Fibo Crypto. (2024). Guide complet de la fiscalité des cryptomonnaies en France (mis à jour 2026). Consulté le 6 février 2026 sur https://fibo-crypto.fr/blog/guide-fiscalite-cryptomonnaies