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Pourquoi investir en crypto avec un PSAN enregistré AMF : guide complet

Guide pour investir en crypto avec un PSAN enregistré auprès de l'AMF

📋 En bref (TL;DR)

  • PSAN : Prestataire de Services sur Actifs Numériques, statut créé par la loi Pacte de 2019, obligatoire en France pour exercer
  • Protection : Le PSAN impose des obligations de KYC, lutte anti-blanchiment, ségrégation des fonds et transparence des frais
  • 117 PSAN enregistrés auprès de l’AMF fin 2025 — une minorité des candidats sont acceptés
  • Scandales évitables : FTX (8 milliards $ perdus) et Mt. Gox (850 000 BTC) auraient été impossibles dans un cadre PSAN
  • Vérification : Consultez la liste blanche de l’AMF avant d’investir sur n’importe quelle plateforme
  • MiCA : Le règlement européen (2024) remplace progressivement le statut PSAN par le PSCA — transition jusqu’au 30 juin 2026
  • Enregistré vs agréé : L’enregistrement est obligatoire, l’agrément est un niveau supérieur volontaire avec des exigences renforcées

En novembre 2022, la plateforme FTX — alors troisième exchange mondial — s’effondre en quelques jours. Huit milliards de dollars de fonds clients disparaissent. Son fondateur, Sam Bankman-Fried, est condamné à 25 ans de prison pour fraude. Ce n’était pas un problème de volatilité du Bitcoin : c’était un problème de plateforme non régulée, qui a détourné les fonds de ses utilisateurs en toute opacité.

Ce scénario n’est pas isolé. Avant FTX, Mt. Gox avait déjà perdu 850 000 BTC en 2014, soit l’équivalent de plusieurs milliards d’euros aux cours actuels. Ces catastrophes ont un point commun : elles se sont produites sur des plateformes qui n’étaient soumises à aucune régulation stricte. En France, un cadre existe précisément pour éviter cela : le statut de PSAN, délivré par l’AMF.

La loi Pacte et la naissance du statut PSAN

En mai 2019, la France adopte la loi Pacte (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises). Parmi ses nombreuses mesures, elle crée le statut de Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN). L’objectif : encadrer les activités liées aux cryptomonnaies en France et protéger les investisseurs.

Concrètement, depuis le 1er janvier 2020, toute entreprise souhaitant proposer l’achat, la vente, la conservation ou l’échange de cryptomonnaies en France doit être enregistrée auprès de l’AMF. C’est une obligation légale, pas une option. Les plateformes qui exercent sans cet enregistrement sont dans l’illégalité et s’exposent à des sanctions pénales (deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende).

Fin 2025, on comptait environ 117 PSAN enregistrés en France. Ce chiffre peut sembler élevé, mais il représente une minorité des dossiers déposés : l’AMF rejette ou demande des compléments à de nombreuses demandes, preuve du sérieux du processus de sélection.

Les obligations concrètes d’un PSAN

L’enregistrement PSAN n’est pas qu’un simple tampon administratif. Il engage la plateforme sur des obligations précises et vérifiables :

Vérification d’identité (KYC)

Chaque client doit être identifié de manière rigoureuse avant de pouvoir utiliser les services. Ce processus de KYC (Know Your Customer) inclut la vérification de l’identité, de l’adresse et souvent de l’origine des fonds. Cela empêche l’utilisation frauduleuse des plateformes et protège les utilisateurs contre l’usurpation d’identité.

Lutte anti-blanchiment (LCB-FT)

Les PSAN doivent mettre en place un dispositif de LCB-FT (Lutte Contre le Blanchiment et le Financement du Terrorisme). Cela implique la surveillance continue des transactions, le signalement des opérations suspectes à Tracfin, et la conservation des données pendant cinq ans minimum.

Ségrégation des fonds

C’est la leçon directe de FTX : un PSAN doit séparer les fonds de ses clients de ses propres fonds opérationnels. Vos cryptomonnaies et vos euros ne peuvent pas être utilisés par la plateforme pour ses propres activités. Si FTX avait été soumis à cette obligation, le détournement de 8 milliards de dollars n’aurait pas été possible.

Transparence et information

Les frais doivent être clairement affichés avant toute transaction. La plateforme doit également informer ses clients des risques liés aux investissements en actifs numériques. Pas de frais cachés, pas de spreads déguisés, pas de conditions modifiées en catimini.

Cybersécurité

Le PSAN doit disposer de systèmes de sécurité informatique robustes, régulièrement audités. La conservation des actifs numériques des clients obéit à des protocoles stricts pour prévenir les piratages.

Infographie comparant les garanties d'un PSAN enregistré AMF versus une plateforme crypto non régulée

Enregistré ou agréé : quelle différence ?

Le cadre français distingue deux niveaux de reconnaissance :

L’enregistrement PSAN est obligatoire pour exercer. Il vérifie que la plateforme respecte les exigences minimales : KYC, LCB-FT, gouvernance, cybersécurité. C’est le seuil d’entrée réglementaire.

L’agrément PSAN est un niveau supérieur, volontaire. Il impose des exigences renforcées : assurance responsabilité civile professionnelle, fonds propres minimaux, contrôle interne renforcé, et obligations supplémentaires de protection des clients. Très peu de prestataires ont obtenu cet agrément, qui témoigne d’un engagement encore plus poussé en matière de protection des investisseurs.

Comment vérifier qu’une plateforme est PSAN ?

Avant d’investir sur n’importe quelle plateforme, un réflexe simple s’impose : vérifier son enregistrement. L’AMF met à disposition une liste blanche publique, accessible gratuitement :

🔗 Liste des PSAN et PSCA enregistrés — AMF Protect Épargne

Sur cette page, vous pouvez rechercher une plateforme par nom et vérifier :

  • Si elle est bien enregistrée (et la date d’enregistrement)
  • Les services autorisés (achat/vente, conservation, échange, etc.)
  • La dénomination sociale exacte de l’entreprise

Attention : l’enregistrement PSAN n’est pas une recommandation d’investissement de la part de l’AMF. Il garantit le respect d’un cadre réglementaire, mais ne protège pas contre la volatilité des marchés ni contre les mauvaises décisions d’investissement. L’AMF le rappelle systématiquement : les investissements en crypto-actifs comportent un risque de perte en capital.

Volatilité et insécurité : ne pas confondre les deux

Le marché des cryptomonnaies est volatile par nature. Le Bitcoin peut perdre 20 % en une semaine puis remonter le mois suivant. C’est une caractéristique de cette classe d’actifs, pas un défaut de la plateforme que vous utilisez.

En revanche, perdre ses fonds parce qu’une plateforme a fait faillite, a été piratée ou a détourné l’argent de ses clients — c’est un risque opérationnel. Et c’est précisément celui que le statut PSAN vise à éliminer.

Avec un PSAN, vous acceptez le risque de marché (la volatilité), mais vous éliminez ou réduisez considérablement le risque de contrepartie (la fiabilité de la plateforme).

Exemples de PSAN enregistrés en France

Voici quelques plateformes françaises ayant obtenu l’enregistrement PSAN auprès de l’AMF. Chacune propose des services différents, adaptés à des profils d’investisseurs variés :

Fibo

Enregistré PSAN depuis juillet 2024, Fibo propose une approche patrimoniale de l’investissement crypto. La plateforme se distingue par un accompagnement personnalisé et des outils de projection et d’allocation conçus pour les investisseurs qui souhaitent intégrer les actifs numériques dans une stratégie de long terme.

StackInSat

Spécialisée dans l’investissement programmé en Bitcoin via la méthode DCA (Dollar-Cost Averaging), StackInSat propose un achat récurrent automatisé. La plateforme cible les investisseurs qui souhaitent lisser leur entrée sur le marché en investissant régulièrement, sans se soucier des fluctuations à court terme.

Meria

Fondée par Owen Simonin (InvestX), Meria propose des services d’achat, de staking et de masternodes. La plateforme est enregistrée PSAN depuis 2021 et s’adresse aux profils techniques qui cherchent à générer des rendements complémentaires sur leurs cryptomonnaies.

Binance France

Le leader mondial des exchanges est enregistré PSAN depuis mai 2022 via sa filiale Binance France SAS. La plateforme propose un catalogue très large de plus de 400 cryptomonnaies et des fonctionnalités avancées (trading, staking, produits dérivés). Sa richesse fonctionnelle peut toutefois s’avérer complexe pour les débutants.

L’avenir : du PSAN au PSCA avec MiCA

Le cadre réglementaire évolue. Depuis le 30 décembre 2024, le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) est entré en application. Il remplace progressivement les régimes nationaux — dont le PSAN français — par un cadre harmonisé à l’échelle européenne.

Le nouveau statut s’appelle PSCA (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs). Les PSAN déjà enregistrés en France bénéficient d’un régime transitoire : ils ont jusqu’au 30 juin 2026 pour obtenir leur autorisation PSCA et pouvoir opérer dans toute l’Union européenne grâce à un système de passeport.

Pour les investisseurs, MiCA renforce encore les protections : exigences de fonds propres accrues, règles plus strictes sur les stablecoins, et obligation de publier un livre blanc pour chaque crypto-actif proposé. C’est une étape supplémentaire vers la maturité du marché.

Conclusion

Investir en cryptomonnaies sans vérifier la régulation de sa plateforme, c’est prendre un risque inutile. Les scandales FTX et Mt. Gox ont montré que même les plus grandes plateformes peuvent s’effondrer quand elles ne sont soumises à aucun contrôle. En France, le statut PSAN offre un filet de sécurité concret : vérification d’identité, ségrégation des fonds, transparence et recours juridique.

Avant d’ouvrir un compte sur une plateforme crypto, prenez 30 secondes pour consulter la liste blanche de l’AMF. Ce simple réflexe peut faire la différence entre un investissement maîtrisé et une mauvaise surprise.

📚 Glossaire

  • PSAN : Prestataire de Services sur Actifs Numériques. Statut réglementaire français créé par la loi Pacte, obligatoire pour toute plateforme proposant des services crypto en France.
  • AMF : Autorité des Marchés Financiers. Régulateur français chargé de la protection de l’épargne et de la supervision des marchés financiers, y compris les actifs numériques.
  • KYC : Know Your Customer (Connaissance du client). Processus d’identification obligatoire avant l’ouverture d’un compte sur une plateforme financière.
  • LCB-FT : Lutte Contre le Blanchiment et le Financement du Terrorisme. Ensemble de mesures obligatoires pour détecter et signaler les transactions suspectes.
  • MiCA : Markets in Crypto-Assets. Règlement européen harmonisant la régulation des crypto-actifs dans l’UE, applicable depuis décembre 2024.
  • Ségrégation des fonds : Obligation de séparer les actifs des clients de ceux de la plateforme, garantissant que les fonds ne peuvent pas être détournés.
  • Actif numérique : Représentation numérique d’une valeur reposant sur la technologie blockchain. Terme juridique français englobant les cryptomonnaies et les tokens.
  • Loi Pacte : Loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, créant notamment le cadre PSAN en France.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un PSAN et pourquoi est-ce important ?

Un PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) est une entreprise autorisée par l’AMF à proposer des services liés aux cryptomonnaies en France. L’enregistrement garantit le respect d’obligations en matière de sécurité, de vérification d’identité, de lutte anti-blanchiment et de transparence des frais. C’est votre première protection contre les arnaques et les plateformes non fiables.

Comment vérifier si une plateforme est bien enregistrée PSAN ?

Rendez-vous sur le site AMF Protect Épargne (protectepargne.amf-france.org) et consultez la liste blanche des PSAN/PSCA. Recherchez la plateforme par son nom : vous verrez si elle est enregistrée, la date d’enregistrement et les services autorisés.

Le statut PSAN protège-t-il contre la perte en capital ?

Non. Le PSAN protège contre les risques opérationnels (fraude, détournement de fonds, piratage), mais pas contre la volatilité des marchés. Vous pouvez toujours perdre de l’argent si le cours des cryptomonnaies baisse. L’enregistrement PSAN n’est pas une recommandation d’investissement.

Quelle est la différence entre un PSAN enregistré et un PSAN agréé ?

L’enregistrement est le niveau obligatoire pour exercer en France. L’agrément est un niveau supérieur, volontaire, qui impose des exigences renforcées : assurance professionnelle, fonds propres plus élevés et contrôle interne renforcé. Très peu de prestataires ont obtenu l’agrément.

Que change le règlement MiCA pour les investisseurs français ?

MiCA harmonise la régulation crypto à l’échelle européenne. Le statut PSAN est progressivement remplacé par le PSCA (Prestataire de Services sur Crypto-Actifs). Les protections sont renforcées et les plateformes pourront opérer dans toute l’UE avec un seul agrément. Les PSAN existants ont jusqu’au 30 juin 2026 pour effectuer la transition.

Une plateforme PSAN peut-elle quand même faire faillite ?

Oui, l’enregistrement PSAN ne garantit pas la viabilité économique d’une plateforme. Cependant, grâce à la ségrégation des fonds, vos actifs restent les vôtres même en cas de faillite de la plateforme. C’est une protection majeure que n’offrent pas les plateformes non régulées.

📰 Sources

Cet article s'appuie sur les sources suivantes :

Comment citer cet article : Fibo Crypto. (2025). Pourquoi investir en crypto avec un PSAN enregistré AMF : guide complet. Consulté le 21 février 2026 sur https://fibo-crypto.fr/blog/pourquoi-investir-en-crypto-avec-un-psan-enregistre-aupres-de-lamf-est-essentiel