Bitcoin et patrimoine : ce que les CGP doivent savoir en 2025 | Fibo

Bitcoin et conseillers en gestion de patrimoine

📋 En bref (TL;DR)

  • Le Bitcoin s’impose comme une classe d’actifs alternative à considérer dans une stratégie patrimoniale diversifiée
  • Sa faible corrélation avec les marchés traditionnels en fait un excellent outil de diversification
  • La fiscalité française est stabilisée : flat tax de 30% sur les plus-values lors de la conversion en euros
  • Passer par un PSAN enregistré AMF garantit sécurité et conformité réglementaire
  • Une allocation de 1 à 5% maximum est recommandée selon le profil de risque du client
  • Le rôle du CGP : accompagner, former et sécuriser l’investissement crypto de ses clients

Le monde de la finance évolue rapidement, et Bitcoin – première cryptomonnaie – est passé en quelques années du statut de curiosité technologique à celui d’actif financier surveillé de près. De plus en plus d’investisseurs s’y intéressent, et bon nombre de clients fortunés interrogent désormais leur conseiller en gestion de patrimoine (CGP) sur l’opportunité d’intégrer le Bitcoin ou d’autres cryptomonnaies dans leur stratégie. Face à cet engouement, le conseiller patrimonial se doit de comprendre les atouts et les risques de ces actifs numériques pour guider au mieux ses clients. Cet article propose un tour d’horizon complet, pédagogue et engageant, afin d’aider les professionnels de la gestion de patrimoine à appréhender le phénomène Bitcoin : potentiel de diversification patrimoniale, volatilité, cadre réglementaire et fiscal, rôle du conseiller… L’objectif est clair : vous fournir les clés pour intégrer intelligemment le Bitcoin dans une stratégie patrimoniale, ou au moins pour en parler de manière éclairée à vos clients.

Chiffres clés cryptomonnaies
DCA actif de premier plan

Pourquoi intégrer Bitcoin dans une gestion de patrimoine ?

Une faible corrélation aux marchés financiers

L’un des piliers de la diversification patrimoniale, c’est la corrélation. Un actif qui ne réagit pas comme les autres face aux mêmes événements permet d’amortir les chocs et d’améliorer le rendement global ajusté au risque.

➡️ Sur les 10 dernières années, Bitcoin présente une corrélation faible à modérée (~0 à 0,5) avec les marchés actions, obligations ou même l’or.
➡️ C’est donc un excellent outil de diversification, notamment en contexte de marché tendu ou inflationniste.

corrélation bitcoin

Un actif liquide, négociable 24/7

liquidité bitcoin - un actif ultra liquide

Contrairement à l’immobilier, aux actions ou aux fonds non cotés, Bitcoin est un actif hyper liquide :

  • Échangeable en quelques minutes via des plateformes régulées,
  • Accessible tous les jours de l’année, même le week-end ou les jours fériés,
  • Sans frais d’entrée ou délais de valorisation.

➡️ Cette liquidité instantanée est précieuse dans une gestion dynamique ou pour répondre à des besoins de trésorerie urgente.

Un actif rare mathématiquement

L’une des forces fondamentales du Bitcoin est sa rareté programmée :
👉 Le nombre total d’unités est plafonné à 21 millions.

Cela signifie que, contrairement aux devises classiques que les banques centrales peuvent imprimer à volonté, Bitcoin est une réserve de valeur potentielle contre l’inflation monétaire.

➡️ Cette rareté algorithmique en fait une sorte d’or numérique, mais plus mobile, plus liquide, et plus transparent.

un actif limité le Bitcoin

Une performance financière exceptionnelle

Rendements annuels moyens bitcoin

Si l’on parle souvent de la volatilité de Bitcoin, on oublie souvent sa performance exceptionnelle sur le moyen-long terme :

  • Depuis 2013 : +8 500 % (soit ~50 % par an en moyenne),
  • Depuis 5 ans (avril 2019 – avril 2024) : environ +1 200 %,
  • Sur 10 ans, Bitcoin a surperformé toutes les autres classes d’actifs (actions, or, immobilier, private equity…).

➡️ Cette performance ne relève pas du hasard, mais des caractéristiques fondamentales de l’actif : rareté, décentralisation, sécurité.

Un cadre réglementaire et fiscal clair

En France et en Europe, l’intégration de Bitcoin dans la gestion de patrimoine devient plus simple et plus sûre :

  • Des acteurs enregistrés PSAN (Prestataires de Services sur Actifs Numériques) auprès de l’AMF garantissent des standards de sécurité et de conformité,
  • Le règlement européen MiCA vient renforcer le cadre juridique,
  • Le régime fiscal des plus-values est maintenant stabilisé (30 % Flat Tax ou barème progressif selon les cas).

➡️ Intégrer Bitcoin dans une stratégie patrimoniale n’est plus un risque réglementaire, mais une décision structurée et maîtrisable.

Pourquoi le Bitcoin attire l’attention en gestion de patrimoine

Un « or numérique » aux performances inédites

Il y a encore quelques années, l’idée d’inclure du Bitcoin dans un portefeuille patrimonial pouvait faire sourire. Mais les temps changent. Larry Fink, PDG de BlackRock (n°1 mondial de la gestion d’actifs avec plus de 9 100 milliards de dollars sous gestion), déclarait fin 2023 que « le Bitcoin est l’actif le plus performant depuis un demi-siècle ». Rien d’étonnant lorsque l’on regarde son parcours : malgré des cycles de hausse et de baisse, le Bitcoin a vu sa valeur exploser depuis sa création en 2009, surclassant sur longue période la plupart des actifs traditionnels. Fink est même allé jusqu’à qualifier le Bitcoin « d’or numérique », estimant que les cryptomonnaies pourraient jouer un rôle de valeur refuge et révélant recevoir « tous les jours des demandes de clients du monde entier pour investir dans les cryptomonnaies ».

Qu’est-ce qui vaut au Bitcoin ce parallèle avec l’or ? D’abord sa rareté programmée : il existera au maximum 21 millions de bitcoins, ce qui confère à l’actif un caractère potentiellement déflationniste similaire aux métaux précieux dont l’offre est limitée. Contrairement aux monnaies fiduciaires (euro, dollar) que les banques centrales peuvent émettre à volonté, personne ne peut « imprimer » du Bitcoin au-delà de ce plafond algorithmique. Cette rareté alimente l’idée que le Bitcoin pourrait préserver sa valeur dans le temps, notamment en période d’inflation monétaire. Ensuite, son mode de fonctionnement sans autorité centrale ni intermédiaire inspire à certains une méfiance moindre que vis-à-vis des devises traditionnelles : les transactions Bitcoin se font de pair à pair via la blockchain, sans dépendre du bon vouloir d’une banque centrale ou d’un État.

Mais au-delà des principes, ce sont bien les performances financières qui ont capté l’attention des investisseurs. Sur les cinq années allant de 2019 à 2023, un plan d’investissement programmé (méthode DCA, Dollar Cost Averaging) achetant l’équivalent de 10 $ de Bitcoin chaque semaine aurait permis de doubler la mise : 2 610 $ investis au total pour une valeur finale d’environ 4 803 $, soit +83 % en 5 ans. Peu d’actifs traditionnels peuvent en dire autant.

Performances de Bitcoin : un atout pour dynamiser les portefeuilles clients

Le revers de la médaille : un actif volatil et risqué

Bien entendu, tout nouvel horizon d’investissement s’accompagne de risques qu’un conseiller en gestion de patrimoine se doit de souligner. Et le Bitcoin n’en manque pas. Sa volatilité est bien supérieure à celle des actions, de l’or ou de l’immobilier. Des variations de ±10 % en une seule journée ne sont pas rares sur le marché crypto, là où une chute de 3 % en bourse est déjà notable. Cette volatilité extrême signifie qu’à court terme, le Bitcoin peut aussi bien doubler de valeur que perdre la moitié de sa valeur en l’espace de quelques semaines.

Il ne s’agit donc certainement pas d’un placement de « bon père de famille » à court terme, ni d’une réserve de valeur stable pour son fonds d’urgence. Benoist Lombard, président d’un grand cabinet de gestion de patrimoine en France, rappelait ainsi dans Les Échos que « Le Bitcoin ne possède pas de sous-jacent. L’évaluation de son prix est très complexe. »

En pratique, intégrer du Bitcoin dans un patrimoine ne doit jamais se faire au détriment des fondamentaux de prudence. Même si le Bitcoin est parfois présenté comme un « or numérique » capable de résister à l’inflation et de délivrer de hauts rendements, il faut garder à l’esprit qu’il peut aussi traverser de longues phases de baisse. Par exemple, après son pic fin 2017, le Bitcoin a perdu plus de 80 % de sa valeur en un an avant de repartir. Plus récemment, en 2022, il a chuté de près de 65 % dans un contexte de resserrement monétaire global.

En résumé, Bitcoin fascine autant qu’il inquiète. Pour un CGP, l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre souligner le potentiel de cet actif novateur et en montrer clairement les risques à ses clients. Dans cette optique, un mot d’ordre : diversification et mesure.

Cryptomonnaies et diversification patrimoniale

Une nouvelle classe d’actifs alternative

Du point de vue d’un conseiller patrimonial, les cryptomonnaies comme le Bitcoin s’apparentent à une classe d’actifs alternative – au même titre que le capital-investissement, le crowdfunding, les forêts ou l’or. Dans la pyramide patrimoniale classique, on place ces actifs alternatifs en haut, c’est-à-dire dans la partie la plus risquée du portefeuille, bien au-dessus du socle sécurisé (fonds euros, obligations d’État, livrets) et des étages intermédiaires (actions cotées, immobilier).

Cela dit, considérer les cryptos comme une classe d’actifs à part entière prend tout son sens dans une optique de diversification. Le principe de la diversification patrimoniale est de combiner des actifs aux comportements différents, afin d’améliorer le rendement global du portefeuille pour un niveau de risque donné. De ce point de vue, le Bitcoin a longtemps affiché une faible corrélation avec les marchés boursiers traditionnels, ce qui signifie qu’il évoluait souvent indépendamment des actions ou des obligations.

Intégration progressive dans les portefeuilles des clients

Même si les conseillers en patrimoine ont longtemps été prudents à l’égard des cryptomonnaies, la demande des clients, elle, n’a pas attendu. Des études récentes montrent qu’une large majorité de conseillers ont des clients qui possèdent déjà des cryptos en direct, sans intermédiaire, parfois à l’insu de leur conseil financier habituel.

Pour un conseiller, intégrer progressivement les cryptomonnaies peut prendre plusieurs formes : proposer à un client curieux d’y consacrer par exemple 1 % ou 2 % de son portefeuille, tester un plan d’investissement programmé sur Bitcoin (DCA) pour lisser les points d’entrée, ou encore allouer une partie de la poche « investissements alternatifs » vers un fonds ou un ETF lié aux cryptos plutôt que vers l’or ou d’autres actifs.

L’essor institutionnel : vers la légitimation du Bitcoin

Un des signes les plus forts que le Bitcoin est sorti de sa marginalité, c’est l’intérêt affiché des investisseurs institutionnels et des grands acteurs de la finance traditionnelle. Le véritable tournant est venu des autorités de régulation elles-mêmes. En 2024, l’autorisation du premier ETF « spot » (adossé à des bitcoins physiques) a marqué un moment historique. Le fameux iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock a été approuvé, offrant aux investisseurs une façon simple et réglementée de s’exposer au Bitcoin via la bourse traditionnelle.

Parallèlement, l’Europe avance sur le terrain réglementaire avec MiCA (Markets in Crypto-Assets), un règlement européen dont l’entrée en vigueur échelonnée en 2024-2025 vise à encadrer les marchés de crypto-actifs.

Réglementation et fiscalité : un cadre en évolution

Abordons maintenant la fiscalité des cryptomonnaies en France, car c’est un point crucial pour une gestion de patrimoine optimisée. Depuis 2019, le régime fiscal s’est stabilisé et simplifié : les plus-values réalisées sur les cryptos par un particulier relèvent du régime des actifs numériques. Concrètement, les gains sont taxés à 30 % (flat tax) lors de la conversion des crypto-actifs en monnaie fiat (euro), ou lors de leur utilisation pour acheter un bien/service.

En dessous d’un montant annuel de cessions de 305 € (par an), les plus-values sont exonérées. Si l’on ne fait que convertir une crypto en une autre crypto, il n’y a pas d’imposition immédiate : la taxation n’intervient que quand on sort du monde crypto pour revenir dans le monde réel (euro) ou consommer.

Le rôle du conseiller en gestion de patrimoine face aux cryptomonnaies

Face à l’essor des cryptomonnaies, le conseiller en gestion de patrimoine a un double défi : enrichir son expertise pour accompagner les clients intéressés, tout en restant le gardien du temple en matière de prudence et de cohérence patrimoniale.

Tout d’abord, le CGP doit se former et s’informer sur ces nouveaux actifs. Impossible aujourd’hui d’ignorer le sujet : même si un conseiller ne recommande pas spontanément d’acheter du Bitcoin, il se doit de comprendre comment cela fonctionne, quels sont les avantages et les risques, afin de répondre aux interrogations de plus en plus fréquentes de la clientèle.

Le CGP a également un rôle de conseiller technique sur les modalités d’investissement. Faut-il acheter directement du Bitcoin via un exchange ? Passer par un ETF crypto dans un compte-titres ? Investir via une plateforme française pour la simplicité fiscale ? Mettre en place un plan d’achat périodique ? Conserver les cryptos sur un wallet hardware ou les laisser chez un dépositaire régulé ?

Conclusion : Bitcoin, un nouvel atout à apprivoiser pour le patrimoine

Bitcoin et les cryptomonnaies constituent sans conteste l’une des grandes nouveautés financières de ce début de XXIe siècle. Pour les conseillers en gestion de patrimoine, ignorer ces actifs n’est plus une option : il faut soit apprendre à les intégrer intelligemment, soit au minimum savoir en parler. L’enjeu n’est pas de transformer tous les portefeuilles en portefeuilles 100 % crypto – ce serait une grave erreur stratégique – mais plutôt de considérer le Bitcoin comme une corde de plus à son arc pour la diversification patrimoniale.

Intégrer le Bitcoin dans une gestion de patrimoine requiert du savoir-faire, de la mesure et une veille continue, mais cela peut constituer un réel avantage concurrentiel pour le cabinet de conseil qui s’y attelle sérieusement.

En conclusion, Bitcoin n’est ni une potion magique pour s’enrichir sans risque, ni un poison à bannir aveuglément : c’est un nouvel outil financier qu’il convient d’apprivoiser. Avec une approche équilibrée, le conseiller en gestion de patrimoine pourra transformer l’essai et aider ses clients à naviguer dans ce monde des cryptomonnaies en pleine expansion.

📚 Glossaire

  • Bitcoin : Première cryptomonnaie créée en 2009, fonctionnant sur un réseau décentralisé avec une offre limitée à 21 millions d’unités
  • Blockchain : Technologie de registre distribué qui enregistre toutes les transactions de manière sécurisée et transparente
  • PSAN : Prestataire de Services sur Actifs Numériques, statut réglementé par l’AMF en France
  • MiCA : Markets in Crypto-Assets, règlement européen encadrant les crypto-actifs depuis 2024
  • DCA : Dollar Cost Averaging, stratégie d’investissement programmé consistant à acheter régulièrement un montant fixe
  • Flat Tax : Prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les plus-values en France
  • ETF : Exchange Traded Fund, fonds négocié en bourse permettant une exposition simplifiée aux cryptos
  • Volatilité : Mesure de l’amplitude des variations de prix d’un actif
  • Wallet : Portefeuille numérique permettant de stocker ses cryptomonnaies
  • Stablecoin : Cryptomonnaie dont la valeur est indexée sur une devise comme le dollar ou l’euro

Questions fréquentes

Quelle part du patrimoine allouer au Bitcoin ?

Pour un profil équilibré, les experts recommandent une allocation de 1 à 5% maximum du patrimoine total en cryptomonnaies. Cette proportion dépend du profil de risque du client, de son horizon d’investissement et de sa compréhension du marché. Un client très prudent pourra rester à 0%, tandis qu’un profil dynamique et convaincu pourra aller jusqu’à 5% voire légèrement au-delà.

Comment est taxé le Bitcoin en France ?

Les plus-values sur les cryptomonnaies sont taxées à 30% (flat tax incluant IR et prélèvements sociaux) lors de la conversion en euros ou de l’achat d’un bien/service. Les échanges crypto-crypto ne sont pas imposés. Les cessions annuelles inférieures à 305€ sont exonérées. Depuis 2023, l’option pour le barème progressif est possible.

Pourquoi passer par un PSAN pour investir en crypto ?

Les PSAN (Prestataires de Services sur Actifs Numériques) sont enregistrés auprès de l’AMF et respectent des obligations strictes : lutte anti-blanchiment, sécurité informatique, séparation des avoirs clients, transparence sur les frais. Cela garantit un cadre sécurisé et conforme à la réglementation française.

Le Bitcoin est-il un bon investissement pour la diversification ?

Oui, le Bitcoin présente une faible corrélation avec les marchés traditionnels (actions, obligations, immobilier), ce qui en fait un outil de diversification intéressant. Il peut améliorer le couple rendement/risque d’un portefeuille bien construit. Cependant, sa forte volatilité impose de n’y allouer qu’une part modeste du patrimoine.

Quels sont les principaux risques du Bitcoin pour un patrimoine ?

Les risques majeurs incluent : la volatilité extrême (variations de ±10% par jour possibles), l’absence de valeur intrinsèque garantie, les risques de cybersécurité, l’évolution réglementaire incertaine dans certains pays, et le risque de perte totale en cas de mauvaise gestion des clés privées.

Comment un CGP peut-il accompagner ses clients sur les cryptomonnaies ?

Le CGP peut : se former aux fondamentaux des cryptos, évaluer le profil de risque du client, définir une allocation appropriée, recommander des prestataires régulés (PSAN), conseiller sur les modalités d’investissement (achat direct, ETF, DCA), optimiser la fiscalité et assurer la conformité légale des déclarations.