Non, 620 000 bitcoins n’ont pas été « créés » : décryptage d’une fake news
📋 En bref (TL;DR)
- Titre trompeur : Les Echos affirme que « 620 000 bitcoins ont été créés par erreur », ce qui est factuellement faux et physiquement impossible
- Ce qui s’est réellement passé : Un employé de Bithumb (exchange sud-coréen) a confondu « KRW » (won coréen) et « BTC » en créditant 2 000 wons à 695 clients
- Aucun bitcoin créé : Les 620 000 BTC n’ont jamais existé sur la blockchain, ils sont apparus uniquement dans la base de données interne de Bithumb
- Problème centralisé : C’est une erreur comptable d’une plateforme centralisée, pas une faille du protocole Bitcoin
- Bitcoin reste incorruptible : Le plafond de 21 millions de BTC est garanti par le code, vérifié par des milliers de nœuds, et mathématiquement inviolable
- La solution existe : Avec un wallet non-custodial, vos soldes sont directement sur la blockchain et ne dépendent d’aucune base de données centralisée
Le 17 mars 2026, Les Echos publiait un article au titre pour le moins accrocheur : « 620 000 bitcoins créés par erreur : on nous avait dit que la planche à billets avec le bitcoin, c’est impossible ». Un titre qui suggère que la politique monétaire de Bitcoin aurait été brisée, que des bitcoins auraient été « imprimés » comme de la monnaie fiduciaire. Alexandre Stachtchenko, figure incontournable de l’écosystème crypto français, n’a pas tardé à réagir sur X en qualifiant ce titre de « fake news ».
Et pour cause : aucun bitcoin n’a été créé. Pas un seul. Ce qui s’est passé est une erreur de saisie dans la base de données interne d’une plateforme d’échange sud-coréenne. Confondre cet incident avec la création de bitcoins revient à confondre une faute de frappe dans un tableur Excel avec l’impression de billets par une banque centrale. Revenons sur les faits, sans sensationnalisme.
Ce qui s’est vraiment passé chez Bithumb
Le 6 février 2026, un employé de Bithumb, l’une des plus grandes plateformes d’échange de cryptomonnaies en Corée du Sud, effectue une opération de routine : créditer 2 000 wons coréens (soit environ 1,15 euro) sur les comptes de 695 utilisateurs.
Sauf qu’au lieu de sélectionner « KRW » (le won coréen) comme unité, l’employé sélectionne « BTC ». Résultat : au lieu de recevoir 2 000 wons, chacun de ces 695 comptes est crédité de 2 000 bitcoins dans le système interne de Bithumb. Soit un total d’environ 620 000 BTC « fantômes » inscrits dans une base de données.
Pour donner un ordre de grandeur : au cours du bitcoin à ce moment-là, ces 620 000 BTC représentaient environ 43 milliards d’euros. Or, le cold storage de Bithumb ne contenait qu’environ 43 000 vrais bitcoins. La plateforme affichait donc dans ses livres 14 fois plus de bitcoins qu’elle n’en possédait réellement.
Une détection rapide, mais des conséquences locales
Bithumb a détecté l’anomalie en 35 minutes et a immédiatement gelé les comptes concernés. Néanmoins, dans ce court laps de temps, certains utilisateurs ont tenté de vendre leurs « bitcoins » sur la plateforme, provoquant un flash crash localisé du prix du BTC à environ 55 000 dollars sur Bithumb uniquement. Les autres plateformes mondiales n’ont pas été affectées, ce qui démontre bien que le problème était strictement interne.
C’est du bitcoin papier au sens le plus littéral du terme : des chiffres dans un tableur, sans aucune réalité sur la blockchain.
Pourquoi il est impossible de « créer » des bitcoins
Pour comprendre pourquoi le titre des Echos est fondamentalement trompeur, il faut revenir aux bases du fonctionnement de Bitcoin.
Le plafond des 21 millions : gravé dans le code
Le protocole Bitcoin, créé par Satoshi Nakamoto en 2009, contient une règle absolue : il n’existera jamais plus de 21 millions de bitcoins. Ce n’est pas une promesse politique ou une intention de bonne foi. C’est une contrainte mathématique, inscrite dans le code source du logiciel, vérifiée en permanence par des milliers de nœuds indépendants à travers le monde.
Les nouveaux bitcoins ne peuvent être créés que d’une seule manière : par le processus de minage. Environ toutes les 10 minutes, un mineur qui résout un problème cryptographique complexe obtient le droit de créer un nouveau bloc et de s’attribuer une récompense en bitcoins neufs. Cette récompense est divisée par deux tous les quatre ans lors du halving, ce qui garantit une émission décroissante et prévisible.
Un réseau de vérification décentralisé
Chaque transaction Bitcoin est vérifiée par des milliers de nœuds (ordinateurs) répartis dans le monde entier. Si quelqu’un tentait de modifier le code pour créer des bitcoins supplémentaires, sa version serait immédiatement rejetée par l’ensemble du réseau. C’est précisément ce qui rend Bitcoin différent d’une monnaie traditionnelle : aucune entité, aucun gouvernement, aucune entreprise ne peut modifier les règles monétaires unilatéralement.
Ce que l’employé de Bithumb a fait, c’est modifier un chiffre dans une base de données privée. Cela n’a strictement aucun rapport avec la création de bitcoins sur le réseau. C’est comme si un employé de banque ajoutait des zéros sur votre relevé de compte par erreur : votre banque n’a pas imprimé de nouveaux billets pour autant.
Le vrai problème : les plateformes centralisées et le « bitcoin papier »
Si cet incident ne remet absolument pas en question le protocole Bitcoin, il met en lumière un problème bien réel : les risques liés aux plateformes centralisées.
Qu’est-ce que le « bitcoin papier » ?
Quand vous déposez des bitcoins sur un exchange centralisé comme Bithumb, Binance ou Coinbase, vos bitcoins sont transférés dans le portefeuille de la plateforme. En échange, celle-ci affiche un solde dans votre compte utilisateur. Mais ce solde n’est qu’une ligne dans une base de données interne. Vous ne détenez pas vos bitcoins : vous détenez une créance sur la plateforme.
C’est exactement le même principe que lorsque vous déposez de l’argent à la banque. La banque ne garde pas vos billets dans un coffre à votre nom. Elle les utilise, les prête, et note dans ses registres qu’elle vous doit un certain montant. Si la banque fait faillite, vos euros sont en danger (au-delà de la garantie des dépôts).
L’incident Bithumb illustre parfaitement ce mécanisme : la plateforme a affiché 620 000 BTC dans ses registres alors qu’elle n’en possédait que 43 000. Pendant 35 minutes, les comptes de 695 utilisateurs prétendaient détenir des bitcoins qui n’existaient tout simplement pas.
Un problème récurrent, même dans la finance traditionnelle
Ce type d’erreur n’est pas spécifique aux cryptomonnaies. En 2024, Citigroup a accidentellement transféré 81 milliards de dollars à un client à cause d’une erreur dans son système de traitement des paiements. La Deutsche Bank a, elle aussi, connu un incident similaire avec un virement erroné de 6 milliards de dollars en 2015. Ces erreurs ne signifient pas que des dollars ont été « créés » : elles révèlent la fragilité inhérente aux systèmes centralisés.
Pourquoi les médias se trompent (et pourquoi c’est grave)
Le titre des Echos — « 620 000 bitcoins créés par erreur : on nous avait dit que la planche à billets avec le bitcoin, c’est impossible » — est un cas d’école de désinformation par le titre. L’article lui-même est plus nuancé, mais combien de lecteurs liront au-delà du titre ? Sur les réseaux sociaux, c’est le titre qui circule, et c’est le titre qui forge les opinions.
La réaction d’Alexandre Stachtchenko
Alexandre Stachtchenko, cofondateur de Blockchain Partner (acquis par KPMG) et l’une des voix les plus respectées de l’écosystème crypto français, a immédiatement réagi sur X. Il a qualifié le titre de « fake news » et rappelé qu’aucun bitcoin n’a été créé. Sa réaction a été largement relayée dans la communauté crypto francophone, témoignant de l’exaspération face à ce type de raccourcis médiatiques.
L’impact sur la perception publique
Ce type de titre est particulièrement dommageable pour plusieurs raisons. Premièrement, il induit en erreur les débutants qui pourraient légitimement croire que Bitcoin a une faille fondamentale. Deuxièmement, il alimente les arguments de ceux qui rejettent les cryptomonnaies sans les comprendre. Troisièmement, il dégrade la confiance du public dans un actif qui repose justement sur des propriétés mathématiques vérifiables et transparentes.
Un média de référence comme Les Echos a une responsabilité particulière. Quand un journal économique de cette envergure publie un titre qui confond une erreur de base de données d’un exchange avec la création de bitcoins, il contribue à entretenir la confusion entre les problèmes des intermédiaires centralisés et les propriétés du protocole Bitcoin lui-même.
La solution : « Not your keys, not your coins »
Cet incident rappelle un principe fondamental de l’univers crypto, répété comme un mantra depuis les débuts de Bitcoin : « Not your keys, not your coins » (pas vos clés, pas vos cryptos).
Les wallets non-custodiaux : la vraie solution
Un wallet non-custodial est un portefeuille où vous détenez vous-même vos clés privées. Vos soldes ne sont pas stockés dans la base de données d’une entreprise : ils sont inscrits directement sur la blockchain, vérifiables par n’importe qui, à tout moment.
Avec un wallet non-custodial, l’incident Bithumb est tout simplement impossible. Personne ne peut « ajouter » des bitcoins à votre solde par erreur de saisie, car votre solde est le reflet exact de ce qui est inscrit sur la blockchain. Et sur la blockchain, les règles sont les mêmes pour tout le monde : il faut une transaction valide, vérifiée par le réseau, pour modifier un solde.
L’accessibilité progresse
Historiquement, les wallets non-custodiaux étaient réservés aux utilisateurs avancés, capables de gérer une phrase de récupération de 24 mots et de naviguer dans des interfaces techniques. Aujourd’hui, de nouvelles solutions rendent la self-custody accessible à tous. Des technologies comme les passkeys et la connexion via email ou compte social permettent de sécuriser ses clés privées sans avoir à mémoriser une seed phrase.
C’est précisément l’approche adoptée par des wallets comme Fibo, qui combine la sécurité de la self-custody avec la simplicité d’une application grand public. Vos actifs restent sur la blockchain, à l’abri des erreurs de bases de données centralisées, tout en étant accessibles en quelques clics.
L’affaire Bithumb n’est pas un échec de Bitcoin. C’est un échec des intermédiaires centralisés. Et la solution existe depuis le premier jour : reprendre le contrôle de ses clés.
Glossaire
- Bitcoin : Première cryptomonnaie décentralisée, créée en 2009 par Satoshi Nakamoto. Son protocole limite l’offre totale à 21 millions d’unités, créées uniquement par le processus de minage.
- Plateforme centralisée (CEX) : Plateforme d’échange de cryptomonnaies gérée par une entreprise qui a la garde des fonds de ses utilisateurs. Exemples : Binance, Coinbase, Bithumb.
- Wallet non-custodial : Portefeuille numérique où l’utilisateur conserve le contrôle exclusif de ses clés privées. Aucun tiers ne peut accéder aux fonds ni les modifier.
- Clé privée : Code cryptographique secret qui permet de signer des transactions et de prouver la propriété de ses cryptomonnaies. Quiconque possède la clé privée contrôle les fonds associés.
- Bitcoin papier : Expression désignant des bitcoins qui n’existent que dans les registres internes d’une plateforme, sans couverture réelle sur la blockchain. Equivalent crypto des réserves fractionnaires.
- Consensus : Mécanisme par lequel les nœuds d’un réseau blockchain se mettent d’accord sur l’état du registre. Pour Bitcoin, c’est le Proof-of-Work (preuve de travail).
- Cold storage : Méthode de stockage de cryptomonnaies hors ligne (déconnectée d’Internet), généralement sur un support matériel, pour une sécurité maximale.
- Halving : Evénement programmé qui divise par deux la récompense de minage de Bitcoin tous les 210 000 blocs (environ 4 ans). Le dernier halving a eu lieu en avril 2024.
Questions fréquentes
Est-ce que 620 000 bitcoins ont vraiment été créés ?
Non, aucun bitcoin n’a été créé. Un employé de la plateforme Bithumb a commis une erreur de saisie dans la base de données interne de l’exchange, créditant par erreur des comptes en BTC au lieu de KRW (won coréen). Ces bitcoins fictifs n’ont jamais existé sur la blockchain Bitcoin.
Peut-on imprimer des bitcoins comme de la monnaie traditionnelle ?
Non, c’est mathématiquement impossible. Le protocole Bitcoin limite l’offre totale à 21 millions d’unités. Les nouveaux bitcoins ne peuvent être créés que par le processus de minage, et cette création est vérifiée par des milliers de nœuds indépendants à travers le monde. Personne ne peut modifier cette règle unilatéralement.
Qu’est-ce que le « bitcoin papier » ?
Le bitcoin papier désigne des bitcoins qui n’existent que dans les registres internes d’une plateforme centralisée, sans couverture réelle sur la blockchain. C’est l’équivalent crypto des réserves fractionnaires bancaires : la plateforme affiche plus de bitcoins qu’elle n’en possède réellement.
Comment se protéger de ce type d’incident ?
La meilleure protection est d’utiliser un wallet non-custodial (où vous détenez vos propres clés privées). Vos soldes sont alors inscrits directement sur la blockchain, pas dans la base de données d’une entreprise. Aucune erreur de saisie ne peut modifier votre solde, car seule une transaction validée par le réseau peut le faire.
Quelle est la différence entre un exchange centralisé et un wallet non-custodial ?
Sur un exchange centralisé, la plateforme détient vos cryptomonnaies et vous n’avez qu’une créance (un chiffre dans leur base de données). Sur un wallet non-custodial, vous détenez directement vos clés privées et vos cryptos sont inscrites sur la blockchain. Seul le wallet non-custodial vous donne un contrôle réel sur vos actifs.
Le protocole Bitcoin a-t-il été compromis par l’incident Bithumb ?
Absolument pas. Le protocole Bitcoin n’a pas été affecté. L’incident est strictement limité à la base de données interne de Bithumb. La blockchain Bitcoin a continué de fonctionner normalement, avec ses règles inchangées depuis 2009.
Sources
Cet article s’appuie sur les sources suivantes :
- Les Echos — « 620 000 bitcoins créés par erreur » — L’article original au titre trompeur qui a déclenché la polémique.
- Journal du Coin — « 43 milliards de bitcoin papier : 3 points pour comprendre le scandale Bithumb » — Analyse détaillée de l’incident et du concept de bitcoin papier.
- Juristique — « Bitcoins créés par un bug Bithumb : désinformation » — Décryptage juridique et factuel de l’incident.
- Alexandre Stachtchenko sur X — Réaction publique qualifiant le titre des Echos de « fake news ».
Comment citer cet article : Fibo Crypto. (2026). Non, 620 000 bitcoins n’ont pas été « créés » : décryptage d’une fake news. Consulté le 18 mars 2026 sur fibo-crypto.fr
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